Vendredi 14 août 2009
5
14
/08
/Août
/2009
09:14
Une psychologue clinicienne dijonnaise m'envoie ce texte parabolique tout à fait dans la ligne du 15-Août.
LE SENS DU PROCHAIN
Dans le quartier Wilson, à Dijon, l’immeuble est cossu, ancien, calme. Y résident trois ou quatre familles dans la meilleure des ententes. Jusqu’au jour où l’on apprend que la voisine du dessus,
célèbre comme chef d’une chorale reconnue, aurait une maladie, un cancer ou quelque chose d’approchant. Catherine a de plus en plus de mal à gravir les 79 marches de l’escalier qui la conduit chez
elle. Après des mois de réflexion, ayant consulté installateurs et équipementiers, son mari fait part aux « chers » voisins de son projet de faire installer là un petit ascenseur, juste pratique
pour les personnes âgées et les malades comme son épouse.
Étonnement à tous les étages. Un immeuble du XIX° siècle, et puis quoi encore ? Bien sûr, la pauvre Catherine, ah ! les temps sont durs, et elle a un courage exceptionnel, et elle fait montre d’une
volonté et d’une dignité exemplaires. Le mari insiste, dit qu’il prendra tous les frais à sa charge, qu’il a toutes les recommandations médicales. Peine perdue, le « non » éclabousse jusqu’au jet
d’eau très proche. Et Catherine lutte, ahane, persiste, prie. Le dossier arrive néanmoins officiellement sur la table du syndic. Catherine espère. Catherine est épuisée par trois ans de soins.
Catherine serre les dents.
La veille de Pentecôte, l’Esprit était ailleurs. La copropriété réitère son refus, et cette fois c’est définitif. Catherine décide alors de fuir la monstrueuse indifférence qui l’entoure. Son mari
engage de nouveaux frais, trouve une maisonnette sur la colline de Montmuzard et l’y installe. Aujourd’hui, tous ceux qui l’aiment espèrent en sa combativité habituelle car toute cette aventure a
favorisé la prolifération tumorale.
Les copropriétaires du quartier Wilson, eux, continuent d’aller à la messe le dimanche. Leur immeuble est sauf.
Malheureusement, tout cela, ce ne sont que des mots. Et ma « petite expérience » me permet de penser que certains auraient même pu dire, si un ascenseur avait été installé, que cette dame avait de la chance d’avoir cette commodité ! Que dire d’autre si ce n’est que, devant de tels comportements, l’être dit humain montre surtout son égoïsme et son inhumanité...
Une institutrice, présente auprès de Catherine chaque jour, tout comme cette psychologue clinicienne de dijon.....
Molière l'a bien montré : il y a les croyants, et les Tartuffes. Je laisse à votre Dieu le soin de leur pardonner, car je suis persuadé, moi, qu'ils savent ce qu'ils font. Sinon, à quoi servirait qu'ils aillent à la messe ? Admirer les œuvres d'art ?