Mardi 11 août 2009
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18:05
Haendel ce grand méconnu : tel est le sentiment qu'on a éprouvé le lundi 10 août dans une basilique de Vézelay pleine à craquer à l'issue de l'interprétation de l'intégrale du
Messie de
Haendel donnée par le Concert de l'Hostel Dieu dirigé par Franck-Emmanuel Comte sous l'égide des Musicales de l'Auxois.
L'oeuvre ultime de GF Haendel, en effet, a donné l'impression aux auditeurs d'être toute nouvelle, parfois même d'une modernité stupéfiante comme dans ces passages où Haendel devient Purcell, en
tout cas d'une éxceptionnelle densité sonore et d'une non moins exceptionnelle densité stylistique.
Le style d'abord, car c'est ce qui a forcé l'admiration face au travail réalisé par Franck-Emmanuel Comte avec un orchestre baroque d'une finesse exemplaire et un choeur dont les voix de soprani
nous ont fait tutoyer le ciel. Révéler le message évangélique sans le dissimuler sous un fatras de dentelles et de rubans pseudo-baroques fut un premier miracle. Permettre ensuite aux auditeurs,
par l'enchaînement subtil des pièces et des solistes sachant le poids des mots dans leurs développement vocaux les plus hardis – un contre-ténor poignant tenait la partie d'alto – en fut un second,
au point qu'on retint souvent son souffle dans cette ambiance de suspense musical et spirituel.
Et comme à chaque fois que c'est réussi – comme avec Bach –, on ne sent pas le temps passer et l'oeuvre n'a plus de ces longueurs qu'ont parfois décelé les plus âpres commentateurs. Et
l'
Alleluiah joué excessivement rapidement et sans forcer sur les accords de timbales est passé comme une brise bienfaisante dans cette basilique à l'acoustique restée magique.
Michel HUVET
Photo : la basilique de Vézelay au soir du 10 août dernier
Par Michel Huvet
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Publié dans : culture
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